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"On le connaît de ses photos promos d'Anorexia Nervosa ou encore de son ancien fanzine/émission radio Le Sang Des Autres, Tancrède Szekely est l'un des photographes les plus populaires du milieu. Rencontre entre le sieur et sa dulcinée sur leur art."


entretiens avec Tancrède szekely & Ijsselina
par Clara Scarlatti

۞ Tancrède ۞

 

- Quand es-tu tombé dans le monde de la photographie ? Quel a été le déclic?

Je vais tenter une synthèse simple et directe. J’ai toujours, plus ou moins, pataugé dans le monde de l’image, mais j’ai débuté par la technique du dessin, vous savez crayon-gomme-papier. Durant quelques années, j’ai traîné ma carcasse entre illustration et BD, avant de découvrir la magie du déclencheur photographique.
Le véritable déclic ayant eu lieu lorsque j’eu enfin compris comment mettre une bobine de film dans l’appareil (heu oui, je fais partie de ces dinosaures qui ont employés et emploient encore le procédé argentique !)… Non, plus sérieusement, le véritable « déclic » par rapport à la photographie se produisit réellement lorsque mes yeux se posèrent sur une photo de Monsieur Bob Carlos Clarke et plus précisément, l’image qui illustrait la pochette de l’album Phantasmagoria des Damned, je pris une telle claque visuelle que l’envie de réaliser de pareilles images monta en moi !… Mais comme le laissait présager le titre du dit album, cela reste toujours un fantasme !

- Comment définirais tu ton travail à quelqu’un qui n’a jamais entendu parlé de Tancrède Szekely ?

La seconde, c’est la « question piège » ! … Heu, sérieusement, vous connaissez des gens qui n’ont jamais entendu parler de moi ?... ;)
Définir son propre travail n’est jamais chose des plus aisées, mais puisque je n’ai pas droit au moindre joker, je dirais … enfin, j’aimerais que mes images soient perçues comme des songes éveillés au Bal des Fantasmes et de la Sensualité Baroque, tels des voyages sur les flots d’un passé idéalisé, des portes entre ouvertes par lesquelles se glissent les parfums de marquises impudiques, les effluves des boudoirs ou encore l’ombre romantique d’un vampyr…

- La plupart des tes photos dégagent une sensualité profonde : un mélange de libertinage, de vampires sensuels et de fétishisme. Quelle image veux-tu donner de l’Eros ?

Qui c’est lui ? ;) … Mince alors, vous êtes des vicieux, 2 questions pièges !!!

Lorsque nous travaillons sur des visuels, avec Ijsselina (ma douce), nous essayons de faire passer à travers ceux-ci une attirance commune pour l’érotisme paré de dentelles et de perles, pour ces ambiances où la nostalgie et le romantisme noir ont une place de choix. Nos élans créatifs se fondent pour offrir un calice à la beauté féminine, celle qui sait s’offrir à l’étreinte des corsets et des atours que d’autres jugent réservés aux catins.

- Ton œuvre est principalement axé sur la sensualité. N’as-tu pas envie parfois de faire quelque chose de totalement différent ?

Si… Si… photographier des voitures de course ou des footballeurs … ;)

Bien sur, il m’arrive de réaliser des images différentes. Avec Ijsselina, nous avons produit toute une série de clichés « animaliers », certains pour des campagnes de sensibilisation, d’autres pour des sites web ou des commandes, d’autres encore pour le plaisir.

- Sur tes premiers travaux, on retrouvait souvent une allusion au thème du vampire. Qu’est ce qui t’inspire dans le vampirisme ?

Le vampirisme a souvent été, pour moi, source d’inspiration, mes premières photographies étaient axées sur ce thème. Les créatures de la nuit étant des personnages très fantasmatiques, véhiculant charme et mystère… Le vampyr est, à mon sens, le pont qui relie le monde du fantastique à celui de l’érotisme.

- Sexe et vampire sont-ils indissociables ?

Indissociables, certes pas, mais le vampirisme peut être, sans nul doute, aisément associé à l’acte sexuel. J’admets cependant que le vampyr peut difficilement, de mon point de vue, être appréhendé sans une certaine dose d’érotisme, du moins, d’un point de vue visuel, puisque c’est ce dont il est ici question.

- Quelle est la part de mise en scène dans l’élaboration de tes travaux ?

La mise en scène est très importante, dans la plupart des cas, les images que nous créons ont un côté très théâtral, comme des instants volés à un vieux film ou à un rêve. Cela est sans aucun doute inhérent aux thèmes que nous choisissons d’aborder. Personnellement, je n’ai jamais été tenté par la prise de vues dite « de reportage », les photos « live » ne sont pas particulièrement faites pour moi, je laisse ce style à d’autres qui le font mille fois mieux que moi. Et puis, comme j’ai toujours été très attiré par le cinéma, j’ai ce besoin de mise en scène que je partage avec ma complice de chaque instant.

- Le hasard a-t-il lieu d’être pendant tes scéances ?

Il y a toujours, je pense, une certaine part de hasard lors d’un shooting, de même que nous laissons toujours une place à l’improvisation… nous ne travaillons pas avec un réel plan défini sous les yeux.

- Est-ce qu’il t’arrive de t’autocensurer ?

Non, pas consciemment, du moins.

- Le mouvement Gothique a le vent en poupe depuis quelques années et l’industrie s’inspire beaucoup du visuel et de l’univers de celui-ci de nos jours. On ne compte plus le nombre de produits commerciaux estampillés Goth alors qu’on est très loin de l’état d’esprit (Blade, Underworld, Evanescence). Selon toi est-ce un engouement majeur pour cette sous-culture ou une mode éphémère ?

Le mouvement gothique n’existait pas il y a quelques années, il s’agit là d’une pure création médiatique, la presse a posé un nom, classifié une mouvance qui trainait dans l’ombre depuis de nombreuses années. Lorsque j’écoutais des groupes comme Bauhaus, Sisters of Mercy ou Fields of the Nephilim, dans les années 80, personne ne mentionnait, alors le terme gothique, si ce n’est que pour parler d’architecture. Alors, je réponds « oui » à l’encontre du terme de mode, éphémère, cela je ne le sais guère… aux yeux du « grand public » sans doute, pour celles et ceux qui ont toujours vécus ce « mode de vie », cela ne changera pas grand-chose lorsque les médias auront fini de s’y faire les dents.

- J’ai lu dans un vieux magazine que tu voulais te lancer dans une création d’une ligne de vêtements. Qu’en est-il advenu de ce projet ?

En effet, ce fut un projet, en son temps, qui n’en resta qu’à ce stade …

- On te connait pour avoir été le fondateur du fanzine « Le sang des autres » . Quels genres d’articles pouvait-on trouver ?

Avec ce trimestriel, j’essayais d’aborder le thème du vampirisme sous différents angles, avec une approche « philosophique » (même si cela paraît présomptueux, mais je ne trouve pas d’autre terme) et littéraire. Je tentais de partager des réflexions personnelles, sur le fait de savoir si l’on peut concevoir que le vampyr ait ou pas une âme, ou encore sur le point de vue de la victime… Mais dans les pages de LSdA, une place était également laissée pour des interviews d’artistes abordant directement ou indirectement le thème de l’immortalité (Léa Silhol, Yves Swolfs, Cradle of Filth, Umbra et Imago, Anorexia Nervosa, David P., Notre Dame…), on pouvait y trouver aussi beaucoup d’images ;)

- Que t’as apporté cette aventure ?

Avant tout, de façon indirecte, Le Sang des Autres m’a permis de rencontrer Ijsselina…Ensuite, de par la nature très visuelle de la publication, cela a fait connaître mon travail hors des frontières du pays où je réside, m’ouvrant ainsi plus de portes. C’est par le biais des publications LSdA que des prises de contact se sont faites entre différents groupes de la scène Metal et moi-même, mais c’est également l’existence de ce prozine qui titillé la curiosité des médias… Bref, je n’ai nullement a regretter cette « aventure ».

- Peux-tu m’en dire plus sur tes deux ouvrages Les Libertins Vertueux et Fleurs de Peau ?

Ces deux petits ouvrages, bien qu’abordant des thèmes très proches, ont des histoires totalement différentes. Le premier, Les Libertins Vertueux , avant d’être présenté sous la forme d’un livret, était un projet pour une exposition consacrée aux 7 péchés capitaux. Les photos présentées ayant remporté un réel succès, Ijsselina et moi-même avons décidé de réunir ces scénettes baroques, sous la forme d’un petit recueil à tirage limité.
C’est la réaction du public qui nous a incité à la création de Fleurs de Peau , Artbook pour lequel la démarche fut toute autre, car cette fois nous partions avec l’idée de réaliser des clichés destinés à être associés à des textes poétiques. Fleurs de Peau est une ode à la sensualité féminine, une errance parfumée dans les jardins sauvages de l’érotisme.

- Tu as participé en tant qu’auteur et illustrateur pour l’anthologie La crypte. Ne serais tu pas intéressé par d’autres projets d’écriture ?

Effectivement, pour cette anthologie consacrée aux vampyrs, il m’avait été demandé d’écrire un texte de quelques pages… Mais la personne qui me « lança » sur cette idée n’était pas sans savoir que l’écriture avait toujours fait partie intégrante de mon mode d’expression. Bien entendu, pour LSdA, j’ai toujours été le principal rédacteur, mais avant cela … bien avant, j’avais écrit une trilogie dont le premier acte portait le titre : « Le Sang des Autres » ;)
Chez moi, les formes d’expression ont tendance à se présenter de manière cyclique, d’ailleurs, je suis resté des années sans dessiner et depuis quelques semaines, je suis sous l’emprise d’une forme de boulimie « crayonante » (I know, ce mot n’existe pas)… Alors, pour répondre à ta question, oui, pourquoi pas d’autres projets d’écriture, un jour… peut être ?!

- Photographe avant tout, tu as animé aussi une émission radio. Peux-tu nous en dire plus ?

En vérité, il n’y a pas grand-chose à dire de plus, à ce propos, cela n’a duré que quelques mois et ne m’a guère apporté de satisfaction.

- Parlons musique maintenant. Si ton art se rapproche plus du mouvement Gothique dans son esthétique, tu étais également le photographe quasi officiel d’Anorexia Nervosa. Comment s’est passé cette collaboration ?

Ho oui… ho oui !!! ;)
…Effectivement, d’un point de vue musical, je me sens plus proche du milieu Metal et j’ai eu la chance de collaborer avec un groupe dont j’adore la musique. La rencontre entre les membres d’Anorexia Nervosa remonte à quelques années, ils venaient tout juste de sortir l’album Drudenhaus et étaient invités en tête d’affiche pour un festival de Metal qui se déroulait non loin de chez moi.
Il me fut demandé, alors, si je voulais les héberger, ce que j’acceptais bien évidemment. Nous avons sympathisé, de suite, nous avions beaucoup de points communs, de plus si moi j’aimais leur musique, eux avaient apprécié mon travail… le reste c’est fait tout naturellement.
Si aujourd’hui je déplore le split du groupe, je n’en reste pas moins en contact avec certains de ses membres, ce fut plus qu’une simple collaboration.

- Tu as aussi travaillé sur les clips de Nemesis Irae. Faire des clips est-ce réellement une autre approche de la photographie ?

Cela reste de l’image… même si, dans ce cas, elle est animée… j’ai eu l’occasion de tenter cette expérience, c’était enrichissant et divertissant. Il me plairait assez de renouveler ce type de création… mais avec un budget plus confortable.

- Comment en es-tu venu à travailler avec des groupes ?

Ayant toujours baigné dans les milieux « Rock », j’ai régulièrement côtoyé des groupes, qui fatalement, à un moment ou un autre étaient à la recherche d’un « créatif » pour le visuel de leur pochette. Puis un groupe découvre le travail que tu as réalisé pour telle autre formation et te contacte à son tour… et ainsi de suite.

- Plus géneralement est-ce que la musique inspire ta création ? Quels sont tes groupes fétiches ?

La musique à toujours fait partie intégrante de ma vie et, de ce fait, de mon travail… sans doute l’inspire t’elle de manière inconsciente. Mes groupes fétiches ?... J’aime tellement de styles et de groupes différents, je ne pourrais tous te les citer ici, mais, de but en blanc je peux te donner quelques noms :
Type O Negative, Motley Crüe, Anorexia Nervosa, Bang Tango, Dimmu Borgir, wednesday 13, Crack Ov Dawn, the Sisters of Mercy, Hardcore Superstar, In Flames, BauHaus, Notre Dame, The 69 eyes, Murderdolls, Sentenced, Astrovamps, Noir Désir, Bakyard Babies, Oberkampf, Hubert Félix Thièfaine, Billy Idol, Moonspell, Wasp, the Fields of the Nephilim, Poison Black, Rammstein, La Muerte, OTH, D.A.D, Aerosmith, Forbidden Site, Alice cooper, Genitorturers et tant d’autres…

- Y a t-il un artiste avec qui tu rêverais de travailler ?

Je n’ai pas réellement d’idée arrêtée à ce propos… pas de nom qui clignote en rouge devant mes yeux… mais je dirais, tout artiste qui motiverait d’une manière ou d’une autre ma créativité, je suis ouvert à toute suggestion.

- Quels sont tes autres projets à venir ?

De nouvelles images en préparation dans la perspective d’un projet de bouquin… et puis… wait and see …

 



۞
Ijsselina ۞

 

- Tu es le principal modèle de Tancrède. Comment s’est passé votre première collaboration ?

J’ai rencontré Tancrède lors d’ un « casting » qu’il avait organisé à l’époque de L.S.D.A, et je n’étais présente que parce que j’accompagnais une amie qui avait le désir de poser… En réalité, j’étais surtout là en touriste… Mais ayant beaucoup apprécié les photos que Tancrède nous avait présentées, j’ai accepté la proposition de mon chéri, qui était à l’époque, de poser en duo avec mon amie…
Cela c’est très bien passé, d’autant plus qu’à cette période de mon existence, je vivais au jour le jour et avais pris cette séance comme « l’expérience » du moment…

- Dita Von Teese a remi d’actualité le « burlesque » ( mélange de pin up, de rétro années trente, et de cabaret). Penses-tu que ce terme soit vraiment approprié ? Personnellement je le trouve très galvaudé….

Je pense que ce type d’imagerie a toujours séduit une frange du public ainsi qu’un certain nombre « d’artistes ». Dita Von Teese a été, quant à elle, surmédiatisée et fort bien conseillée, sans aucun doute, par ses agents. Son succès populaire a fait naître des « vocations », chez d’autres modèles, qui ont prit le train en marche, ce qui est chose classique… Quant à dire que Dita ai remis le « burlesque » au goût du jour… Peut être mais je ne suis pas une experte en la matière. Quoiqu’ il en soit, sachez que je ne suis pas admiratrice de cette personne qui aime parader en fourrure…

- Selon toi pourquoi le « burlesque » est-il à la mode chez la plupart des modèles alternatifs? un soucis de mimétisme ?

Comme pour tout, il existe les passionnés et les moutons…

- Tu es la principale investigatrice de l’association « ani mal à l’âme ». Quel a été le facteur déclanchant ?

Avant toute chose, je voudrais préciser qu’ « ani Mal à l’ Ame » n’ est pas une association, du moins pas pour l’ instant… Et oui, j’ en suis la seule investigatrice…
…J' ai toujours été très proche des animaux, en vérité... Je les ai toujours aimé, et ai toujours volé à la rescousse de petits êtres en détresse, passant sur mon chemin. Il y a quelques années, lors d' un séjour en Angleterre, nous avions croisés des militants qui tenaient un stand dénonçant la vivisection... J' avoue avoir, à cette époque, détourné le regard car les quelques images que j' avais pu voir furtivement étaient atroces; mais cela m' a rappelé, à cet instant précis, que de telles choses existaient, se passaient à chaque instant, partout dans le monde et que moi aussi je voulais être comme eux et dénoncer les abus et les cruautés infligées aux animaux....
C’ est ainsi que peu de temps après notre retour en Belgique, nous avons fait installer une ligne internet, et j' ai commencé à surfer et à me rendre sur tous les sites de protection animale que je trouvais. Cela a commencé à devenir une espèce d’ idée fixe, car je voulais tout savoir et je m' obligeais à regarder ce que je n' aurais jamais pu imaginer auparavant.. .Je pense que j' ai pratiquement tout passé en revue, que ce soit la vivisection, l' industrie de la viande, la chasse, les corridas, les cirques ou encore le commerce de la fourrure etc... Je pleurais beaucoup, mais me « réconfortais » en me disant que ma souffrance n' était rien en comparaison de toutes ces atrocités que je découvrais. C' est à ce moment là, que j' ai ouvert un site afin d'y diffuser un maximum d' informations mais également que j' ai contacté des associations afin de recevoir des tracts et pétitions à faire circuler. Entre temps, j’ ai lancé deux campagnes de sensibilisation dont une était soutenue par l’ Association Animaux en Péril…

- Tancréde a fait une série de photos où l’on peut te voir en compagnie d’animaux. Votre approche a un côté très bucolique et pastoral. Quel message avez-vous voulu faire passer ?

Dans cette série de photos, une d’ entre elles a servi pour une campagne de sensibilisation axée sur le végétarisme… Un message à faire passer ? Espérer que les gens prennent conscience de la beauté de la vie en harmonie avec la nature et les animaux pour qu’ ils comprennent qu’ il est possible de vivre sans se rendre complice de massacre et de souffrances, en ce qui concerne les animaux dit de boucherie et de destruction de la planète car c’ est la conséquence engendrée par une société de consommation…

- Quels genres de retours avez-vous eu ? Est-ce que certains n’ont pas compris votre démarche ?

Des retours, fort heureusement, positifs ainsi que des retours d’incompréhension, d’ autre part… Mais j’ ai eu le plaisir d’ être contactée par Michel Grand’ Henri, éditeur responsable de la revue de l’ Association Végétarienne Francophone de Belgique et d’ être sollicitée en tant qu’ Ambassadrice et conseillère au sein de leur association.

- As-tu déjà été soutenu par d’autres associations de protection animalière du genre de la Peta ?

J’ ai été longtemps en contact avec l’ association Française One Voice… La Fondation Brigitte Bardot, qui a diffusé dans sa revue l’ affiche de la campagne que nous avions réalisée contre l’ hippophagie… Et bien entendu, l’ association Animaux en Péril qui est la plus importante de Belgique et avec qui, nous sommes devenus très très proches. Elle gère deux refuges, l’ un pour les chiens et chats abandonnés et l’ autre qui est un sanctuaire pour animaux de ferme et équidés martyrs… Je profite de l’ occasion pour vous inviter à vous rendre sur leur site :

http://www.animauxenperil.be/

- Comment expliques-tu que certains soient indifférents à la cause animalière ?

Comment expliquer l’homophobie, comment expliquer que la pédophilie existe, comment expliquer les génocides, comment expliquer que des personnes mettent leur destin entre les mains de la religion… ??? Je n’ ai malheureusement pas la réponse au sujet de la connerie humaine…

- Qu’est-ce-qui te révolte le plus dans la condition actuelle de certains animaux ?

Je pourrais tout passer en revue et vous faire savoir à quel point l’ industrie de la fourrure, la chasse, les zoos, les corridas, la vivisection etc me révoltent et plus encore… Mais pour faire plus simple… Je vous dirai qu’il me suffit de faire mes courses dans un supermarché, et de voir que l’ exploitation animale est là partout, et que personne n’en a réellement conscience… Si les gens pouvaient imaginer, que derrière « le vulgaire » morceau de viande, se cache non seulement tout un calvaire enduré par des êtres sensibles et innocents, mais qu’ en plus, cette viande qu’ ils ingèrent est source de maladie et de désastre écologique… Peut être, pourrais je faire mes achats plus sereinement…

- Il y longtemps des mannequins avaient posé pour une série des photos militant contre le port de la fourrure. Etait-ce selon toi sincère de leurs parts ou une manière de se « redorer le blason » ? Car il y a toujours eu et il y aura toujours de la vraie fourrure lors des défilés, je ne pense pas que D**r mettront un jour du synthétique sur leurs vêtements…

Concernant les mannequins de l’époque auxquels tu fais allusion, je pense que pour la plupart, il ne s’ agissait que d’opérations de marketing dans lesquelles ces filles ne faisaient offices que de potiches car on a pu retrouver certains de ces modèles par la suite, portant à nouveau de la fourrure… Et en effet, tant que des pétasses et des bourgeoises achèteront ou se feront offrir la peau de pauvres martyrs, il est évident que les créateurs peu scrupuleux, ne vont pas s’arrêter de commercialiser ce genre de « produits »…

- La mode alternative porte bien son nom car elle propose des matières nouvelles comme le rubber, le latex…

Personnellement, j’ aime beaucoup, et si vous aimez aussi… Portez en sans modération, de plus cela ne fera souffrir personne…

- Au dernier Hellfest la Peta était présente entre les stands des labels, des magasins de fringues et autres. C’était sympa... Cela ne te dirait pas d’y être l’année prochaine ?

Si l’ on me convie à y participer, j’ y serai ! De même, si une autre association me propose de faire quelque chose susceptible de faire avancer la cause animale… je répondrai présente !

- Pour son dvd Punishment in capitals, Napalm Death a reversé tous leurs gains à une association contre la vivisection ; le groupe Cattle Decapitation est engagé pour la cause animale… Penses-tu que derriere l’image Gore du Grindcore et le côté bourru des métalleux se cachent de doux agneaux ?

Le fait de produire de la musique « extrême » n’ est pas incompatible avec le fait d’ avoir du cœur et de l’empathie pour les animaux… J’ ai d’ ailleurs l’ impression, que l’ on retrouve plus de gens sensibles à cette cause sur la scène Métal, Punk, Gothique etc que dans la mouvance rap ou celle de la variétoche , qui me donnent soit dit en passant l’envie de gerber…

- Qu’as-tu envie de dire aux petites bourgoises qui payent cher pour porter un manteau en fourrure ou un sac Longch**** ? ou encore aux industriels qui font souffir les animaux juste pour des besoins de rentabilité ?

Je crois que là, il est préférable que je m’auto censure…

- Je vous laisse à tous les deux le mot de la fin ?

… Nous te remercions, Mlle, pour ce sympathique entretien.

 

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